Un appel à expériences et à idées, la suite.

Par Samy • Evénements • 13 juil 2012

« Vers d’autres solutions
pour l’habitat des précaires »

Un appel à expériences et à idées pour l’habitat des précaires

 

La Piscine avec de nombreux bénévoles développent actuellement un projet pour chercher à rassembler des expériences existantes entre logement et précarité pour faire avancer le débat et proposer des solutions. Ce projet se définit collectivement au cours des rencontres, ce qui suit présente donc son avancement.

A Bon Pastor, un quartier de Barcelone menacé de destruction, les habitants et acteurs du quartier se sont mobilisés autour du collectif « repensar Bon Pastor », et ont lancé un concours international pour imaginer des alternatives possibles pour le futur du quartier. A l’instar de Bon Pastor, nous souhaitons lancer un appel à expériences et à idées sur l’habitat des précaires… L’appel à expérience permettra d’avoir un aperçut de ce qui existe et l’appel à idée donnera la possibilité aux participants de proposer un projet. À vous de jouer !

 

Les points de départ

Une situation inacceptable

Sur l’agglomération grenobloise, on constate une situation assez figée voire sclérosée en matière d’hébergement pour les précaires, en dépit des nombreux dispositifs existants. Chaque année, des centaines de SDF, demandeurs d’asile, réfugiés, précaires, squatteurs, se retrouvent dans des situations d’habitat insalubres, inacceptables.
Cela met en cause le manque de places en hébergement et de logements accessibles aux plus démunis. Mais ce qui nous interroge tout particulièrement ici, c’est toutes ces personnes pour lesquelles aucun des dispositifs existants en matière d’hébergement ou de logement ne semble adapté. Sur Grenoble, ce sont des dizaines de personnes qui passent de dispositifs en dispositifs, en passant par la rue, par l’hébergement de dépannage chez des amis, par la prison parfois… Ce sont des femmes dont la stratégie principale consiste à passer inaperçues, qui accepteraient n’importe quelle situation d’habitat plutôt que les centres d’hébergement mixtes… Ce sont encore des personnes qui une fois dans un logement, ne supportent pas la solitude que les murs leur renvoient. Et la liste ne s’arrête pas là.

Habiter ?

Ce constat nous questionne sur ce que veut dire habiter lorsqu’on est dans la galère. Bien sûr, avoir un toit, un lit, c’est intimement lié à l’habitat, ce sont des sécurités essentielles. Mais l’habitat, que l’on soit précaire ou non, ce n’est pas que la maison ou l’appartement. L’habitat c’est aussi avoir un endroit où l’on se sent chez-soi, un endroit pour se laver, pour prendre soin de soi. Un endroit où l’on peut laisser ses affaires. Un endroit où l’on peut inviter d’autres à venir partager un repas, un moment.
On peut aussi habiter la rue, le quartier, la ville. C’est la question de l’accès à la ville, mais également de la prise que l’on a sur son habitat, sa rue, sa ville : comment est-on acteur de son habitat lorsque l’on vit dans un centre d’hébergement, dans un foyer, dans un squat… ?
Sans remettre en cause de façon systématique les dispositifs existants en matière d’hébergement et de logement, nous sommes convaincus qu’il y a des alternatives à imaginer, des modes d’habitat innovants, ou même des évolutions possibles pour ces dispositifs. Nous avons choisi pour cela d’aborder la question sous l’angle de la participation, de la façon dont les publics sont associés aux projets.

 

Mobiliser les ressources existantes

Dans le cadre de la Fabrique de solutions pour l’habitat, nous croisons régulièrement des acteurs qui connaissent cette problématique et portent des pistes de solutions, des idées, un regard… Ce sont des architectes, des travailleurs sociaux, des habitants de la rue, des sociologues, des individus… Chacun envisage la question à sa manière, ce qui permet d’aborder différentes facettes de la problématique : la compréhension de « l’habitat », la question du collectif, la coexistence de cultures différentes, le foncier, la mobilité, l’accompagnement social, l’accueil des chiens…
Forts de ce constat, nous souhaitons nous emparer de la question de l’habitat des précaires, en sollicitant tous les acteurs qui pourraient la faire avancer. Nous lançons donc un appel à expériences et à idées qui sera diffusé très largement, sur l’agglomération grenobloise, en France et dans le monde !

Un appel à propositions : enjeux et démarche

Enjeux

Notre démarche s’est imprégnée et inspirée du concours international lancé par les habitants et acteurs de Bon Pastor, en réaction à la menace de sa destruction. Nous proposons donc un appel international à propositions, qui se déclinerait en deux phases : un appel à expériences, puis un appel à idées.
Il s’agit de capitaliser un grand nombre d’expériences, de témoignages, de propositions sur ces questions, pour montrer une diversité de possibilités pour l’habitat des précaires, notamment à destination des institutions et des élus, et pour ouvrir à l’innovation puis à des pistes d’actions possibles.
La dimension collective de la démarche est au cœur du projet. L’enjeu est de générer une dynamique locale et internationale. Nous souhaitons y associer tous les acteurs concernés par ces questions, du sdf à l’élu. A chacun de relayer cet appel à expériences et à idées dans ses réseaux !

Démarche

Une première rencontre a rassemblé une vingtaine d’acteurs locaux, le 2 juillet, à La Piscine – Fabrique de solutions pour l’habitat, et a permis de dessiner collectivement les bases du projet que nous vous transmettons ici. Elle a porté principalement sur l’appel à expériences. Les enjeux et modalités de l’appel à idées restent à définir (voir plus loin). Le travail collectif se poursuit durant l’été et à la rentrée.
La rencontre du 28 septembre, journée d’échanges et de débats à La Piscine autour du thème : « l’habitat des précaires… des initiatives citoyennes et des politiques publiques, quels croisements ? », sera l’occasion de partager plus largement ce travail, de le remettre en débat avec d’autres acteurs, et de l’affiner. L’appel à expériences sera lancé à l’issue de cette rencontre ?

Un appel à expériences

Le principe est de capitaliser une diversité de projets proposant des solutions innovantes pour l’habitat des précaires et témoignant d’une démarche participative, le terme « habitat » étant entendu au sens large. Qu’il s’agisse de projets en cours, finis, ou pas encore aboutis ; de projets réussis ou moins réussis ; d’expériences locales, nationales ou internationales ; avec des éclairages architecturaux, sociologiques, financiers, politiques, artistiques…

Quelques axes de réflexion

Les questions listées ci-dessous sont proposées à titre indicatif. Ce sont les points de réflexion que nous avons identifiés comme pertinents par rapport au thème de cet appel à expériences, les points sur lesquels il nous semble qu’il est possible d’innover. Les exemples donnés entre parenthèses sont purement indicatifs et non limitatifs. Ces questions nous servirons de référence pour l’analyse et la compilation des différentes réponses. Libre à vous de respecter ce cadre ou non, totalement ou partiellement !

Le projet

Résumer les idées fortes du projet en quelques lignes
À quel public le projet s’adresse-t-il ? (SDF, Roms, familles, femmes, mixte, libre… ?)
Quel type d’habitat, le terme « habitat » étant entendu au sens large ? (Centre d’hébergement et de réinsertion sociale, foyer, lieu d’échange, douches, bagagerie… ?)

La gestion

Quel(s) est (sont) le(s) porteur(s) du projet ? (portage associatif, institutionnel, mixte… ?)
Quel accompagnement ? (présence éducative ou non, de façon permanente ou partielle… ?)
Quel mode de gestion du lieu ?

La dimension participative

Comment les publics sont-ils associés au projet et à quel niveau ? (à l’initiative du projet, à la conception, à la réalisation, à la gestion… ?)

Le bâti

Quels espaces physiques ? (configuration des espaces, collectifs et individuels…)
Quelle approche constructive (matériaux, mise en oeuvre, récupération…) ?
Dans le cas d’une construction ou d’une réhabilitation, quel est le maître d’ouvrage ?
Quel rapport à l’environnement direct (implantation du bâti) ?
Dans le cas d’un projet en co conception ou en co-construction, quel cadre est mis en place pour permettre la participation ?

L’ancrage territorial et le lien à l’extérieur

Où ?
Qui est le propriétaire du terrain/local ?
Quelle démarche pour obtenir le foncier ? (Convention de projet, bail précaire, bail gracieux, bail emphytéotique, squat, achat… ?)
Quels liens avec le quartier ? Avec le territoire ?
Quels partenariats ou collaborations ? (avec d’autres structures ? dans d’autres domaines que l’habitat ? Sur d’autres territoires… ?)

Le financement

Quel(s) financement(s) ? (public, privé, mixte ? Subventions, auto-financement, autres… ?)

Bilan

Quel processus d’élaboration du projet ? Quelles étapes ?
Quel bilan ? (points forts du projet, réussites, limites, possibilités d’évolution, et si c’était à refaire… ?)

Et après ?

L’appel à expériences sera lancé dans la foulée du 28 septembre, ou le 28 septembre ?
Après un délai de 2 ou 3 mois, les réponses seront compilées et analysées collectivement, avec une attention particulière dans la mise en relief de toutes les formes d’innovations rencontrées. Ce travail sera ensuite restitué et diffusé largement. Il contribuera également à alimenter la réflexion pour la construction de l’appel à idées.

Ce qu’il nous reste à définir :

Est-ce qu’il y a un jury ? Quel jury ? Des prix ? Quels prix ?
Quelle valorisation/ exploitation des résultats au-delà de la réutilisation pour nourrir l’appel à idées ? Quel support ?

Un appel à idées

Les conclusions de cet appel à expériences seront la base de réflexion pour construire l’appel à idées. Celui-reste à élaborer avec tous les acteurs qui souhaiteront s’investir.
Une des pistes qui a surgi lors de la rencontre-brainstorming du 2 juillet est de partir de projets réels, plus ou moins élaborés déjà, mais pour lesquels la réalisation bloque sur un ou plusieurs points. Il s’agirait alors de solliciter des compétences sur ces points précis.
Cette proposition nous est venue suite à la présentation du projet d’hébergement pour femmes en errance porté par l’association Femmes SDF. L’association a mené une recherche-action de deux ans, en y associant des femmes de l’association, pour définir avec elles ce que serait un tel lieu. Le projet de vie est dessiné mais il manque à l’association des compétences en terme de foncier et bâti pour faire avancer le projet. Une autre participante a suggéré de réfléchir à des solutions pour Le Fournil (lieu de restauration et de vie pour les précaires), qui doit déménager pour laisser place au développement d’un projet urbain.
D’autres exemples existent. L’appel à idées prendrait alors tout son sens en permettant à des idées de devenir effectives et à des projets intéressants de se concrétiser ou d’évoluer.

 

Le calendrier :

Été 2012 : à vos remarques, critiques, propositions ! N’hésitez pas à faire des retours par mail. Nous vous répondrons au retour des vacances, l’association « arpenteurs » est fermée du 14 juillet au 20 août.
Début septembre (date à préciser) : réunion des acteurs locaux pour préciser le projet, la démarche, le document de communication, les réseaux de diffusion
28 septembre : mise en partage et en débat lors de la journée « l’habitat des précaires… des initiatives citoyennes et des politiques publiques, quels croisements ? » à La Piscine, Fabrique de solutions pour l’habitat, et lancement de l’appel à expériences
Fin 2012 : Résultats de l’appel à expériences, analyse collective des réponses
Début 2013 : lancement de l’appel à idées

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